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 L'image du philosophe

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C.-J.

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MessageSujet: L'image du philosophe   Sam 13 Avr 2013 - 12:53


SocratePlatonAristote


"Nous avons tous entendu parler des "philosophes". Pour beaucoup d'entre nous ce sont des personnages célèbres que l'on peut identifier dans l'histoire à travers quelques figures que la tradition nous a laissées : Socrate, Platon, Aristote, Plotin, Epictère, Marc Aurèle pour l'Antiquité; Descartes, Spinoza, Leibniz, pour la période Moderne ; Kant, Hegel ou Heidegger pour la période Contemporaine;
Ces hommes répondent au qualificatif général de "philosophes" pour quelle raison ?
C'est un peu comme quand on dit de A ou B, c'est un "artiste" ou un "scientifique".
Cela veut dire qu'ils incarnent plus ou moins bien un cartain type d'idéal, comme Picasso ou Van Gogh répondent au qualificatif du type de l'artiste, comme Einstein est pour nous le type idéal du scientifique.
Nous reconnaissons en eux des traits caractéristiques de ce que nous croyons être le "philosophe".

Mais que veut donc dire être un "philosophe" ?

Est-ce que Platon, Descartes ou Spinoza sont conformes à l'opinion vague que nous nous faisons de la philosophie ?
Ou bien n'est ce pas plutôt qu'ils ont réalisé d'une manière vivante et personnelle ce qu'est la philosophie ?
Ce n'est peut être pas la même chose. Pourquoi dire de Descartes, de Spinoza qu'ils sont des philosophes ?

En d'autres termes : Qu'est-ce qu'un philosophe ? Pour répondre à cette question, il faudra composer une sorte de portrait de ce qu'est le philosophe et vérifier dans quelle mesure il est effectivement reconnu comme tel.
Nous devrons examiner ensuite la métamorphose qu'a pu subir la représentation du philosophe d'époque en époque.
"

Source : philosophie et spiritualité

___________

Le modèle de Socrate


Socrate a souvent été vu comme le père de la philosophie occidentale et le type peut -être le plus achevé du philosophe.

Socrate incarne d'une certaine manière une vocation de la philosophie qui est exemplaire.

Nous pouvons donc préciser notre question en demandant : qui était Socrate ? En quoi est-il effectivement un philosophe ?


L'histoire et la biographie de Socrate nous renseignent assez peu. Son père était sculpteur, sa mère sage-femme. Son origine n'était pas aristocratique, il était simple citoyen d'Athènes.
Qu'a-t'il fait d'extraordinaire pour qu'on le désigne comme philosophe ?

Marquons un temps d'arrêt. Est-il seulement pertinent d'aller chercher une sorte de manière de se distinguer qui ferait de Socrate un philosophe ?
Voyons ce que vaut ce préjugé consistant à croire que le philosophe est quelqu'un qui se distingue.
Il n'y a rien d'extraordinaire dans la vie de Socrate, si ce n'est justement sa mort. On ne devient pas philosophe, comme on devient un héros quand on gagne une bataille à la guerre, ou parce que l'on remporte un tournoi sportif.
La philosophie n'est pas une manière de se distinguer dans une action d'éclat, ni de poser, elle ne se montre pas sur une seule action exceptionnelle.

Nous ne pourrons être philosophe que dans l'ordinaire de la vie, dans la vie quotidienne et non pas seulement dans des situations d'exception, ni pour "montrer" qu'on l'est.
D'ailleurs, celui qui se prétend philosophe l'est-il vraiment ?
Celui qui se donne des airs de philosophe n'est certainement un philosophe, mais seulement un poseur, vantard, un pédant, une caricature de philosophe.
Cette première leçon de modestie est très présente dans la vie simple de Socrate.


Dernière édition par C.-J. le Lun 15 Avr 2013 - 12:48, édité 2 fois
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etienne lorant



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MessageSujet: Re: L'image du philosophe   Sam 13 Avr 2013 - 14:21

Je me souviens de mon étonnement, pour ne pas dire ma fascination lorsque j'ai découvert cette conférence sur l'enseignement de Spinoza. On sait qu'Albert Einstein s'y était reconnu, car il a déclaré : "Je croix au Dieu de Spinoza". Il m'a fallu quelque temps pour la retrouver, la voici en cliquant sur ce lien :

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et la très connue réponse d'Albert Einstein à son professeur alors qu'il était encore sur les bancs d'école :


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C.-J.

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MessageSujet: Re: L'image du philosophe   Sam 13 Avr 2013 - 14:55


Merci pour le lien Etienne, pour vos commentaires également.

Je pense qu'il est fort utile de redécouvrir les grands philosophes.
J'espère que chacun appréciera.
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etienne lorant



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MessageSujet: Simone Weil et la question du mal.   Sam 13 Avr 2013 - 16:17




Lorsque Simone Weil s’est penchée sur la question du mal, elle a adopté le point de vue kantien de la radicalité du mal, ce qui signifie que le mal est aux racines, donc anthropologique, tissé dans l’homme, lequel ne peut jamais l’éradiquer totalement ni prétendre qu’un groupe en serait le détenteur. Le mal passe à l’intérieur de chaque homme et non pas entre certains groupes et certains autres (comme le croyaient les deux totalitarismes, comme le croient aussi les tenants du manichéisme d’aujourd’hui qui pensent que les bourreaux nazis étaient des satans descendus sur la terre, détenteurs du mal absolu). Aussi, elle compare le mal nazi et le mal accompli par les Romains. Dès lors, elle se demande dans quelles mystérieuses circonstances un homme ordinaire peut se rendre coupable de crimes monstrueux, et elle répond que c’est l’appartenance au groupe criminel qui fait entrer l’individu dans le crime, par incapacité de lutter contre les ordres et les opinions du groupe. Reprenant l’expression de Platon, elle fustige l’influence du « gros animal », le collectif dans lequel l’individu perd sa personnalité et se déshonore par suivisme (on connaît le passage de Platon : « quel jeune homme résistera…etc »).

Au temps du nationalisme, la patrie est devenue un absolu, ce qui est de l’idôlatrie. Nous avons forgé la patrie sur le modèle romain, un modèle idôlatre. La France n’est pas « éternelle », elle n’est pas sainte, car aucune nation ne l’est (c’est ce que croit aussi l’Allemagne pour elle-même).

’est ainsi qu’elle refuse au groupe la capacité d’avoir une opinion en tant que tel, en tant que collectif, allant jusqu’à dire « la protection de la liberté de penser exige qu’il soit interdit par la loi à un groupement d’exprimer une opinion » (L’Enracinement, p.1043). Si un groupe prétend penser, il devient ce gros animal qui enchaîne l’individu et détourne sa conscience.

Les partis, dit-elle, sont issus de la Révolution française et de l’influence de l’Angleterre (en réalité les partis habitent la vie politique des cités italiennes depuis le XIV° siècle) : ils sont vus par elle comme des opportunités purement historiques, qui doivent donc être revues et corrigées au regard de leur légitimité. Simone Weil ne défendra jamais une institution ou une coutume simplement parce qu’elle existe : toute chose humaine est faite pour être mise en cause au regard de sa pertinence. Les partis sont des moyens en vue du fonctionnement démocratique. La démocratie elle-même, comme pouvoir de la majorité, n’est qu’un moyen en vue d’un gouvernement juste. Il n’y a donc aucune raison de la traiter comme un absolu, faute de quoi elle deviendrait une idole (raisonnement très moderne : nous venons de connaître une période de sacralisation de la démocratie, qui s’efface aujourd’hui, cf les ouvrages par exemple de Badiou, Milner, Hermet).

La démocratie tient sur la présomption de décision juste chez la majorité. Aristote disait déjà qu’un groupe a moins de chance de se tromper qu’un individu seul. C’est aussi le raisonnement que l’on faisait dans les monastères chrétiens, où depuis Saint Benoît le gouvernement était lié par le droit et où l’exécutif provenait de l’élection du Chapitre. Les moines disent : « le nombre est une présomption de saniorité » : à noter le mot « présomption » (non une preuve). L’expression « sanior et major pars » se développe à partir du XI° siècle, reconnue par le concile du Latran en 1179.

Mais Simone Weil précise que la majorité ne saurait décider avec justice que si elle n’est pas dirigée par les passions collectives. Autrement dit, si c’est bien la raison qui guide les votes. Or « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective ». Les partis, en outre, exercent sur leurs membres une pression qui leur ôte la liberté de l’esprit.

La passion empêche de voir le véritable intérêt général en mettant à sa place des préférences de personnes ou des caprices individuels.

Les partis politiques ne sont pas critiquables en raison d’une perversion qui les aurait abîmés. En soi, ils sont suspects, puisqu’il y faut penser ensemble : et il n’y a pas de pensée collective (ou alors elle devient grégaire et n’est plus une pensée. Elle rappelle l’image de Platon : c’est l’individu qui sort de la caverne, non la cité. Pour lui, le collectif est déshumanisant), parce qu’il n’y a de conscience que personnelle, et une pensée sans conscience est monstrueuse. Il est donc absurde de prétendre qu’un parti a une doctrine, car on ne pense pas en groupe. Aucun parti ne peut « penser » : dès lors, il ne songe qu’à accroître son propre vide, parce qu’il ne saurait avoir d’autre but. Et de façon délibérée, il cherche à éteindre chez ses membres la moindre velléité de pensée personnelle, afin de l’enrôler dans ses desseins.

Les partis sont donc des écoles de mensonges et de dépravation de l’âme : « Si on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux » (Note sur la suppression… p.55). Ou : « la suppression des partis serait du bien presque pur » (id. p. 61)

Beau texte - toujours aussi intransigeant - sur le blog:


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C.-J.

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MessageSujet: Re: L'image du philosophe   Sam 13 Avr 2013 - 16:48

etienne lorant a écrit:



Dès lors,
Simone Weil se demande dans quelles mystérieuses circonstances un homme ordinaire peut se rendre coupable de crimes monstrueux, et elle répond que c’est l’appartenance au groupe criminel qui fait entrer l’individu dans le crime, par incapacité de lutter contre les ordres et les opinions du groupe.


Je trouve cette argumentation très intéressante.

Je viens de lire l'intégralité du texte. Simplement génial !



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MessageSujet: Re: L'image du philosophe   

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